07/08/2009

Au coeur de la nuit


"Au coeur de la nuit un cri a retenti
Un souffle a incendié mon coeur
dévasté qui je suis
l'Amour m'a appelée amour.

Je l'ai reconnu
Je suis brisée
par cette ombre d'aile
plus vaste
que les univers
et plus rapide que les éclairs

Un trait d'or m'a percutée
cisaillé
mon être
blessé à jamais
par la foudroyance
de sa transparence,
par ses yeux de lumière

Je ne veux plus voir
que me baigner encore
au lac d'or

Me laisser saisir
telle une proie
par les serres
du royal faucon
qui pourfend
le ciel et les terres

Il joue avec mon âme
me tient dans ses bras
me largue dans les mers
et m'envoie un chant
de pur sanglot
que je cache au secret
de ma vie égarée

J'erre comme un enfant
toujours perdue en ce monde
je vagabonde,
tout à fait inutile,
en attente,
en attente du cri."

Maïa de Soles




06/08/2009

"Soyons rebelles" avec Luc Olivier d'Algange


"Le rebelle
est étymologiquement, celui qui retourne à la guerre, mais non pas, en l'occurence, à une guerre à l'intérieur d l'Histoire, mais hors d'elle, non plus à une guerre qui est vacarme et destruction mais à une guerre silencieuse et germinative qui est celle de cette chevalerie spirituelle qui, dans un pressentiment paraclétique, doit succéder à la chevalerie héroïque.
La grand guerre sainte de l'herméneutique reconduit à une solitude orphique, et ne dispose d'autres armes que son silence et son chant.
Elle s'achemine vers le dénouement du sens, vers le pur secret du Logos.
Le rebelle, dont Jünger sut admirablement définir l'éthique, n'est pas cet agité du bocal, ce publiciste hargneux et pathétique dont la modernité nous offre tant d'exemples, mais cet homme du retrait qui ose le pas en arrière au moment des marches forcées de l'Histoire, qui s'ingénie, envers et contre tous,
à reprendre le fil de sa pensée lorsque tout conjure à la "distraction", au sens pascalien.
Dans son retrait, le rebelle retrace le chemin parcouru et précise son orientation, tout comme le marin consulte le sextant,
observe les signes du ciel
et participe, dans l'intelligence sensible,
du gonflement ou du claquement des voiles."

Luc Olivier d'Agange

pour un sourire d'enfant

Est il ou non un voyage possible ?Luc Olivier d'Algange


"Quelle immobilité voyageuse pouvons nous opposer
à la sédentarité des représentations ?
Quelle pérégrination peut surseoir à ce vagabondage
ou pire encore
à ce tourisme qui transforme
la chatoyante diversité du monde en un seul village médisant ,
Au "tout est dit"
s'oppose alors le pressentiment que tout reste à dire
précisément parce que tout est dit, et que le Dire est voyage entre le créé et l'incréé."

Luc Olivier d'Algange

Précarité


Ce fut le mot clé du soulèvement de la peur et la démonstration même de l'ensevelissement du vivant.
Peur, sécurité, nous gouvernent et nous dressent comme un mur droit sans faille, sans fissure, sans brèche pour nous parer contre le vivant.
Les gens se croient libérés en s'assurant leur vie par le moyen de l'enfermement en des cadres de plus en plus étroits et blindés.
Tout devient programmé, par groupe, par masse. Car il y a aussi la peur d'être seul avec soi, la peur de soi. Tout est prévu, en ayant surtout ôté l'audace de la surprise, ou celle ci est devenue totalement "organisée".
Surtout arracher aux gens le sens du tragique. En remplaçant des instants qui auraient pu être foudroyé par "l'éternité", par des éternels moments alignés et certifiés de bonheurs assurés et rassurants qui s'affadissent à toute vitesse à l'usure du temps qui alors égrène les secondes, les met les unes à côté des autres toutes semblables ou presque... N'y a t'il pas là, un arrière goût d'enfer ? Une création purement humaine ? Quand nous nous cachons la surprise de l'irruption d'Autre Chose...
Nous nous calfeutrons derrière notre misérable peur de la précarité, qui nous sert à accuser notre "papa à tous" à savoir "l'Etat" (sommes nous tellement adultes ?), au lieu de plonger en soi pour y rallumer le feu de la vie, qui brûle, certes, mais ô combien plus de joie que de mal, quand on le laisse vivre.

Arrêtons de vivre dans le caveau de nos assurances, mais creusons la seule certitude de notre vie, à savoir la mort. Car c'est elle qui rend l'instant imprenable.




voyage intérieur



"Le voyage intérieur,écrit Rûmî, n'est pas l'ascension
de l'homme jusqu'à la lune, mais l'ascension
de la canne à sucre jusqu'au sucre."